Uvira : Cinquième journée ville morte alors que la situation sécuritaire reste préoccupante

En République Démocratique du Congo, cinquième journée ce samedi 6 septembre 2025, de la ville morte décrétée à Uvira capitale provisoire de la province du Sud-Kivu après la prise de Bukavu par l’AFC/M23. Une personne a perdu la vie lors des tirs à l’arme lourde et légère entendus vendredi soir jusque tard dans la nuit dans cette deuxième ville du Sud-Kivu. La société civile et les Wazalendo s’opposent contre la présence du général Olivier Gasita, commandant adjoint chargé des opérations et renseignements de la 33ème région militaire. Ils le soupçonnent d’être un agent double.
Tout a commencé lundi soir lorsque des audios des Wazalendo ont circulé sur les réseaux sociaux pour s’opposer à la présence du général Olivier Gasita dans leur ville. Membre de la communauté banyamulenge, ils l’accusent d’avoir facilité la prise de Bukavu et d’autres villages des territoires occupés par l’AFC/M23; en effet nombreux Wazalendo soupçonnent nombreux banyamulenge d’être en contact avec les Twirwaneho alliés à l’AFC/M23. Quelque temps après, des organisations de la société civile d’Uvira ont épousé l’idée des Wazalendo pour réclamer le départ du général Gasita.
«Il ne s’agit pas du tribalisme comme d’aucuns le pense mais ne voulons pas de tous les officiers qui ont trahi», a martelé Alphone Mufariji, acteur de la société civile. Celui-ci rappelle que récemment, au moins deux colonels issus d’autres tribus ont été rejetés par les habitants pour la même raison. «Nous ne voulons pas voir la chute d’Uvira», conclu-t-il.
Vendredi, le maire adjoint qui assure l’intérim du maire d’Uvira a convoqué une réunion pour harmoniser les points des vues, expliquer et calmer la société civile et les Wazalendo. A l’issue de la réunion, un groupe des Wazalendo a annoncé la suspension de la ville morte samedi et dimanche pour permettre aux habitants de se ravitailler en provisions avant de reprendre lundi si le gouvernement congolais n’aura pas encore répondu favorablement à leur demande, mais une autre frange des Wazalendo n’ont pas voulu l’entendre de cette oreille. Mécontents, ils ont tiré des balles en l’air jusqu’à 23h, une bombe tombée sur une maison a causé la mort d’un petit garçon de 8 ans. Ce samedi le calme est revenu, mais aucune activité n’a ouvert ses portes à Uvira.
Par la Rédaction



