Bukavu : Le Ramadan dans un contexte socio-économique difficile
Les musulmans du monde entier ont entamé ce 18 février 2026, le mois sacré du Ramadan. En République démocratique du Congo, les musulmans des villes de Goma et de Bukavu ont également commencé le jeûne du Ramadan, la région orientale du Congo étant toujours en proie à une guerre qui engendre de graves difficultés économiques.
Malgré la situation socio-économique difficile, les fidèles musulmans se sont rendus dans diverses mosquées pour prier avec ferveur, mais beaucoup se plaignent des difficultés de la vie, la hausse des prix alimentaires constituant un défi majeur.
Nombre d’entre eux ont perdu leurs emplois à cause de la guerre, d’autres ont fui leurs domiciles dans différents villages, et d’autres encore n’ont pas les moyens de prendre l’iftar le soir, mais ils s’efforcent de respecter ce principe religieux en se consacrant à ce pilier fondamental de la foi islamique.
« Pour cette occasion je vais prier pour la sécurité de mon pays, mais aussi pour ma famille. Je jeûne, mais il m’est difficile de trouver de quoi manger pour l’iftar. Je n’ai pas assez d’argent pour me procurer les aliments recommandés pour l’iftar. De toute façon, Allah s’occupera du reste», confie Khadija, une fervente musulmane rencontrée à Bukavu par kivu5.cd
Face à cette situation économique difficile, certains musulmans s’appuient sur la solidarité et l’entraide pour traverser cette période. À Bukavu, ville affectée par la guerre dans l’Est de la RDC, la foi demeure pour beaucoup une source de courage, de dignité et d’espoir en des jours meilleurs. Pour les musulmans, le jeûne du Ramadan est un temps d’espoir et de persévérance, et non de souffrance.
« Pendant le jeûne, nous nous félicitons mutuellement. C’est pour nous un honneur et un privilège, et nous ressentons une grande joie, car celui qui passe une journée sans manger ni boire pour respecter la loi divine est béni. C’est pourquoi, pour nous, c’est un temps de joie » , affirme Cheikh Abdoulrahmane Migani, l’un des musulmans de la mosquée de Nyawera, à Bukavu.
Contrairement à l’année dernière, les musulmans de Bukavu tiennent à maintenir les prières du soir et espèrent organiser des actions de solidarité, notamment pour les plus démunis, afin qu’ils puissent vivre leur mois de prière dans la dignité.
« Les mosquées organiseront la prière de Tarawih, qui a lieu le soir. La sécurité est assurée, contrairement à l’année dernière. Les responsables des mosquées évalueront la situation concernant les prières des dix derniers jours. J’en profite pour souhaiter à tous les musulmans un bon Ramadan », rassure le cheikh Yassine Kapongo Mukoko, l’un des responsables de la communauté musulmane de Bukavu.
Malgré les difficultés, la communauté musulmane de Bukavu a promis de rester unie.
Par la Rédaction



